Catégories
Article Français

Rencontre avec Alice Barbier, cofondatrice du blog “jaimetoutcheztoi”

Article publié par Alya MIKOU le 16/01/2021

La fashion Week 2020, leur début dans l’industrie de la mode… Rencontre avec Alice Barbier cofondatrice du blog "jaimetoutcheztoi"

Il y a près de 8 ans, lors de leur séjour d’un an à Los Angeles, Alice Barbier et JS Roques eurent l’idée de créer un blog. C’est en février 2013 que “jaimetoutcheztoi” voit le jour.

Les magiciens fondateurs de “jaimetoutcheztoi“ se sont rencontrés lors de leur année de 5ème au collège. Ils ont été copains, puis amoureux et ont gardé le même cercle d’amis depuis. A la vingtaine, Alice et JS se sont fréquentés à nouveau et ils sont maintenant ensemble depuis déjà 9 ans.

Alice a obtenu une licence en lettres modernes suivie d’un master en communication de la mode et du luxe. JS, quant à lui, est diplômé d’un brevet dessinateur maquettiste.
Tous deux ont toujours été attirés par l’art, le design et la mode et se prédestinaient à évoluer dans ces domaines.
Après la création de leur blog ainsi que de leur page Instagram nous avons pu suivre leur très belle évolution.
En effet, le duo fait aujourd’hui partie des incontournables de la mode sur Instagram. Invités à tous les défilés de la Fashion Week, nous avons pu admirer leurs looks coordonnés, à la pointe de la mode, voir parfois avant-gardistes.

Comment vous êtes-vous lancés dans cette industrie ?

« Entre ma licence et mon master, j’ai fait un an à UCLA à Los Angeles pour étudier le marketing, JS m’avait rejoint.

 On était loin de nos amis et de notre famille, on avait un petit peu de temps et je savais qu’au terme de mon diplôme, il fallait que j’aille toquer à la porte des maisons de mode que j’aimais pour attester de ma passion. A l’époque, j’ai pensé que tenir un blog pouvait me permettre de témoigner de cette passion puisque je dédiais mon temps libre à organiser des petits shootings photos et à écrire des articles pour le blog. 

JS de son côté a toujours eu un penchant pour la mode, ce qui est assez rare pour les hommes. En général ils sont coquets mais ne sont pas tous portés sur la mode alors que lui a toujours été passionné par ça. 

L’idée du blog est donc venue comme ça, c’était plus un moyen qu’une fin en vérité. Le but était de s’en servir comme hobby,  qui pourrait nous permettre de constituer un portfolio pour plus tard. Puis finalement, à notre grande surprise, ça a pris une ampleur inattendue, et tant mieux on en est très contents. On n’aurait jamais pu imaginer qu’on en ferait notre métier, qu’on pourrait monter une société et qu’on gagnerait notre vie grâce à ça. »

« On prend ce qu’il y a à prendre au jour le jour. »

Si vous deviez choisir le meilleur et le pire aspect de votre métier, quels seraient-ils ?

« Le pire aspect, si tant est que cela en soit un, est que ça ne s’arrête jamais. On travaille 365 jours par an. On n’a pas vraiment de weekends ou de vacances. De plus, les clients n’envisagent pas vraiment que les indépendants puissent prendre une semaine de vacances sans répondre à leurs emails. C’est le problème de tous les entrepreneurs et des indépendants, on ne s’arrête pas aux 35 heures par semaine. Quand on rentre chez soi, après une journée de rendez-vous et de shooting, on doit continuer à répondre aux mails, faire la comptabilité, faire de la négociation, éditer des photos…

La profession que nous avons choisi d’exercer est très énergivore et très prenante. »

« Tu ne débranches jamais, tu es tout le temps connecté. »

« Le pendant de cet inconvénient est la liberté de faire ce dont on a envie, vivre de notre passion et organiser notre emploi du temps comme on le souhaite. Ce qui est super chouette dans ce métier c’est que l’on est amenés à beaucoup voyager, on vit des expériences assez folles qui nous font prendre conscience que l’on n’a pas vraiment à se plaindre. Oui on bosse beaucoup, mais en même temps on vit des choses géniales. 

Notre communauté est vraiment bienveillante. Ça nous étonne toujours autant de rencontrer des gens qui nous reconnaissent dans la rue parce que l’on fait de la création de contenu qu’on poste sur les réseaux sociaux, on n’a pas de talent particulier, on n’est pas chanteur ni acteur. »

Peu de personnes se rendent compte de la quantité de travail que les créateurs de contenus et influenceurs doivent fournir. Derrière une publication Instagram se cache parfois plusieurs heures d’organisation et de travail. Ça serait peut-être un point à souligner pour que l’on puisse comprendre que c’est un métier à part entière?

« C’est normal que les gens ne se rendent pas compte du travail qu’il y a derrière car c’est notre but de vendre une image, un style de vie. 

Forcément, ça ne vend pas du rêve de dire aux gens qu’on se couche à 2h du matin tous les soirs ou qu’on a les yeux super fatigués à force de bosser sur des écrans. 

On vend cette image un peu rêvée de “hop“ en un claquement de doigts, on part faire des photos sur un toit de Paris, alors que ça demande toute une organisation. Il faut se coordonner avec le photographe, choisir le bon jour, faire les photos et les éditer. » 

 

Qu’avez-vous pensé de la fashion week cette année qui a été fortement impactée par l’épidémie de coronavirus ?

« Pour quelqu’un qui bosse dans l’industrie, ça m’a fait du bien que le rythme soit un peu plus lent, qu’il y ait moins de défilés. On a pris plus  de temps à apprécier les quelques défilés physiques qu’il y avait, alors que normalement tu cours, tu enchaines 5 ou 6 défilés dans la journée et il y en a un par heure. Tu rentres chez toi, tu es lessivé et tu n’as presque pas apprécié le moment.

Je trouve que la situation actuelle a un peu forcé les marques à proposer autre chose, notamment avec les expériences digitales, autant pour les gens de l’industrie que pour le grand public. Alors qu’avant elles se contentaient simplement de faire des lives en direct du défilé. »

Pensez-vous un jour lancer votre propre marque ? Si oui, quelles valeurs prônerait-elle ?

« On y a pensé et on ne dit pas non. On aimerait beaucoup le faire mais ce qui nous pose problème, c’est qu’on n’a pas envie de lancer une marque juste pour lancer une énième marque, car actuellement l’industrie de la mode est saturée. 

« Est-ce que la planète a besoin d’une énième marque de fringue ? Je ne pense pas… »

Si on était amenés à lancer notre marque, l’objectif principal serait de faire en sorte que le sourcing et la production soient le plus possible “eco friendly”. 

De manière égoïste, j’adorerais pouvoir designer des choses et les produire surtout qu’on sait que notre communauté nous le demande souvent mais je n’ai pas envie d’être égoïste. Je me dis que si on le fait il faut que ce soit vraiment bien et que ce soit en accord avec nos valeurs personnelles. Il faut que la marque soit respectueuse de l’environnement. » 

Si vous ne connaissez pas leur contenu, je vous conseille de faire une pause et d’aller regarder sur leur Instagram la vidéo qu’ils ont créée pour la marque Estée Lauder. 

Vous allez vous évader momentanément de votre quotidien pour atterrir dans un véritable rêve, un poème envoûtant qu’ils ont écrit, réalisé, filmé et monté seuls. 

 

 

Une réponse sur « Rencontre avec Alice Barbier, cofondatrice du blog “jaimetoutcheztoi” »

Un très bel article avec un contenu passionnant, on sent le travail derrière cet article, des questions pertinentes ont été posées, bravo Mademoiselle!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *