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La conférence Linkee

Article publié par Rébecca FOSSA  le 21/11/2020

Mardi 10 Novembre dernier, c’est avec Unis Pour Agir (association humanitaire de notre cher Campus Eiffel) que le Club Alma a accueilli Julien Meimon, président de l’association Linkee. Cette première conférence de l’année scolaire a ainsi introduit les étudiants qui nous suivent aux défis du gaspillage alimentaire, ainsi qu’à la lutte que Linkee s’est décidée à mener ; retour sur une petite soirée pleine d’écoute, d’échanges mais aussi d’humour.  

Le gaspillage alimentaire en France

©Jean-Lionel DIAS

Aujourd’hui en France, avec la période de confinement, on estime à près de 4.5 millions les personnes qui vivent dans une situation de précarité alimentaire, c’est-à-dire n’ayant pas les moyens de se nourrir suffisamment, correctement et régulièrement. Et cela touche toutes les tranches d’âge, étudiants inclus. Suite au premier confinement français de la pandémie de COVID-19 (Mars-Mai 2020), on estime par ailleurs qu’un million de personnes de plus seraient concernées, un nombre probablement en deçà de la vérité pour M. Meimon, considérant les personnes non encore recensées. 

Il est de fait contradictoire de voir autant de personnes en détresse alimentaire dans notre pays, quand on s’intéresse au sujet du gaspillage alimentaire quotidien. Ce sont près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable qui sont jetées chaque année. Au-delà du questionnement moral (considération des producteurs et du travail de préparation, manque d’autrui…) se posent aussi des problèmes écologiques et économiques. Au-delà du fait que le gaspillage alimentaire constitue avant tout une perte financière (pour les chaînes de production alimentaires, commerces…), le traitement de tels volumes de déchets résulte aussi en d’énormes quantités de CO² dans l’air, en montagnes d’emballages etc.

Pour faire face à ces sérieux défis posés par le gaspillage alimentaire, la réglementation a pu évoluer quelque peu dernièrement (lois GAROT 2016, EGALIM 2018, AGEC 2020…). Des supermarchés ont également mis en place de nouvelles stratégies d’approvisionnement de leurs rayons, d’autres transforment certains invendus en compost. Mais bon nombre des aliments jetés restent consommables, et Julien Meimon l’a bien compris : avant de traiter les aliments comme déchets, compost ou encore les destiner à l’alimentation animale, il y a un geste très simple : donner

L’association Linkee

©Frédérique PLAS

Depuis quatre ans, Linkee fait de la solidarité une réponse à ces problématiques sociales, économiques et environnementales. En liant structures disposant d’invendus consommables et associations, les ‘Linkeurs’ soutiennent ainsi les personnes touchées par la précarité alimentaire. Ce sont bien là les deux facettes de l’association.

Le lien qu’elle crée nécessite une certaine reconnaissance de la part des grandes chaînes du secteur alimentaire (supermarchés, restaurants, grossistes…) et des plus petites structures, souvent de proximité (marchés, traiteurs…). Car l’association est sincère dans sa démarche et permet une bonne traçabilité des échanges de produits qu’elle opère (via l’application dédiée aux bénévoles), Linkee ne se contente pas de redistribuer des sacs de denrées alimentaires à l’association la plus proche, il s’agit de voir où ce sac serait le plus utile. Sandwichs et produits transformés seront priorisés pour les d’associations faisant des maraudes, tandis que des produits bruts seront préférentiellement donnés à des structures faisant la cuisine ou distribuant des repas. Si l’application est là pour aider dans ces casse-têtes, elle ne peut pas tout faire et les choix de répartition amènent alors ce que M. Meimon présente, avec humour, comme « l’enfer de la logistique humaine ».  

La deuxième face de Linkee est bien évidemment constituée de ses très nombreux bénévoles. Ils ont la responsabilité d’une partie des actions de terrain, en distribuant tous les petits (et gros !) sacs donnés à l’association. Et pour que tout fonctionne, pour que les gens prennent le temps et l’énergie de participer à ce beau geste, il fallait que la démarche soit simple. M. Meimon définit ainsi l’application Linkee comme « la solidarité dans la poche ». En se connectant sur l’application, le bénévole voit où il peut récupérer un sac et où il doit l’apporter. Comme expliqué mardi dernier, l’application était dès le départ au centre de la solution. Et si les quantités sont trop importantes ? Pas de panique, l’équipe Linkee a tout ce qu’il faut pour transporter des aliments en quantité !

L’association fonctionne car ce sujet touche de plus en plus de personnes, et aussi car il devient très simple, pour nous tous, d’y contribuer. Linkee propose une solution simple et de confiance à tous ces restaurateurs, traiteurs et supermarchés qui font face à des stocks d’invendus périssables. Lors du premier confinement, nombreux sont les restaurants et commerces qui ont dû fermer brusquement, faisant ainsi exploser les demandes de récupération auprès de Linkee. Près de 230.000 repas ont ainsi pu être distribués !

Fondée en 2016, Linkee est encore en expansion. Pas encore développée au niveau national, l’équipe d’une quinzaine de personnes souhaite prendre son temps pour s’y prendre de la bonne manière. Mais pour citer son fondateur “le meilleur que l’on puisse souhaiter, c’est que la demande s’arrête.”

 

Toutes les photos sont soumises à un copyright et appartiennent à Jean-Lionel DIAS et Frédérique PLAS

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